Pour cette 22e journée, qui précède 23 jours d'ennui profond pour tout supporter que nous sommes, le Standard recevait l'armada anversoise, dans les choux depuis de longs mois (14e ex-aequo avec le Lierse, 15e) et, il faut bien le dire, pas vraiment au niveau pour la Première Division. L'occasion pour les principautaires de passer 5e, et pour nous de passer un match prétendu à sens unique au sein du Publik Hysterik, au deuxième étage de la tribune 4...
Arrivée aux abords du stade sur le coup de 17h30. Beaucoup de monde dans les rues, mais très peu dans l'enceinte du Maurice Dufrasne. La double sécurité tourniquets électroniques-stewards apathiques laissée dans notre dos, le court chemin qui nous sépare encore du bloc E4, lieu de résidence du Publik Hystérik Kaos, sera parcouru de manière plutôt hâtive : il fait froid. Puis dans ce système de placement à la barbare (debout et n'importe où), mieux vaut ne pas arriver dans les derniers.
En pénétrant dans le bloc, justement, une petite démonstration de souplesse sera nécessaire pour enjamber les drapeaux posés au sol et s'en aller rechercher l'endroit stratégique duquel les exploits de Van Damme et Compagnie pourront être appréciés malgré la réputation mouvementée du compartiment. La sono crache Carnaval de Rio, moment où, jadis, les plus fervents se levaient de leur siège, pour ne plus se rasseoir qu'une fois dans l'auto. Mais depuis la mise en place des nouveaux pauses-fesses qui restent en "position debout", l'asseoiement est devenu une pratique délicate à Sclessin.
Zombie nation retentit et ce bon vieux Jacques Massart, speaker attitré du Standard depuis 2002, foule le gazon pour nous informer de la composition des équipes pour cette rencontre. L'anversoise sifflée, place aux choses sérieuses. "Numéro un-een, Eiji... KAWASHIMA" etc... Le meilleur moment fut sans conteste l'élocution du 36, ce petit jeune titularisé pour suppléer Ciman, suspendu : Dino Arslanagic. Quelques Asalananic seront lancés avec hésitation, sans plus. Stop the music, it's time for the final countdown! Ten, nine, eight... zero ! Les 22 acteurs apparaissent, c'est le moment de sortir les drapeaux et d'allumer quelques fumigènes.
Les beerschotmen, eux, sortiront des dizaines de drapeaux flamands... Malgré cet écart de bonne conduite du camp adverse, l'ambiance reste détendue : la raclée est programmée. En outre, le petit numéro 24 suscite l'interrogation : "François ? Claude François ? Boh...". La première mi-temps sera pourtant bien morne. Sur le terrain, la hargne est anversoise, les erreurs techniques liégeoises. En tribune, ça s'impatiente. Le kapo (monsieur avec un mégaphone) fait son boulot, mais les gens ne réagissent que trop rarement aux chants "trop longs" qu'il lancera durant 45 minutes. En face, les Ultras sortent une banderole "De Sart, quand arrogance rime avec incompétence". Dans le temps additionnel de la première mi-temps, Michy sauve les siens d'un concert de sifflet pour accompagner leur retour au vestiaire.
La pause café sera marquée par trois événements marquants : Ajdarevic qui nargue les supporters du Beerschot ("C'est 1-0 les mecs !"), Buzaglo qui s'en prend une où il ne fallait pas, et une nouvelle banderole : "Duchatelet au top de la Benêt-Ligue" en réponse à ceci.
A la reprise, Stijnen vient se placer devant la T4. Ses oreilles siffleront durant 45 minutes. On ressort les drapeaux "PHK04", "Kaos 2004", "Fous l'bordel sur ton siège" et le kapo lance l'affaire de fort belle manière "Allais, après une bonne chope, on y retourne les mecs!" Peut-être motivé par le houblon, Jelle Van Damme inscrit le 2-0 d'un coup de boule dans la lucarne. Joie. Les chants sont (enfin) suivis. "Standard Liège Allez Allez". Côté visiteurs, la haine atteind manifestement son paroxysme : de grands drapeaux flamands mauves, jaunes, ainsi qu'un autre, plus douteux, représentant un ours blanc (nouvelle mascotte depuis le changement de nom du club, anciennement Germinal Beerschot) en forme de croix gammée, seront accrochés aux grillages, sans réaction aucune des stewards.
La suite du second acte verra quelques belles envolées égayer les gradins, notamment sur une faute (?) non sifflée sur Imoh Ezekiel parti seul au but, un shoot de Nacho dans le crane de Stijnen, ou encore un puissant Com on you reds échangé entre T3 et T4. Après un une-deux astucieux avec Mpoku, Ezekiel fait le trou : 3-0. L'occasion de chambrer gentillement nos voisins de droite : "Division deux! Division deux!" L'ambiance reste sur un bon tempo. "Dans tous les stades on va chanter, c'est nous l'armée des Standardmen" fera la transition vers une fin de match folklorique en tribune : après une longue hésitation, l'homme au mégaphone se décide à lancer le fameux "Aux armes". Manque de chance : les Ultras Inferno se la joue justement dos au terrain. Les chants reprennent, des enfants placés en F4 (l'étage supérieur) assurent l'ambiance, la E4 saute, et l'arbitre met fin aux hostilités : victoire 3 à 0, du travail propre. Les joueurs restés sur le terrain seront applaudis. C'est le moment de rentré, avec un dernier petit sursaut lorsqu'un rigolo allumera un pétard dans les escaliers. Les couches-tard resteront quelques instants, histoire de balancer l'un ou l'autre "Anti NVA" ...

Une seconde lecture hystérique ?
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